26 mai 2006
Les retombées presse
On commence à parler de nous dans les médias. Camarades, ne mollissons surtout pas !
Article paru dans le Dauphiné, 5 mars 2006
La
fronde des reçus collés
DRÔME.
Ils ont réussi leur concours dans
la fonction publique... mais n'ont pas de travail` parce que «
les collectivités locales préfèrent souvent
recruter en interne ». Constitués en association, ils
ont écrit au ministre. Parmi eux, la Romanaise Mylène.
Grillée pour grillée, autant en parler ! » Mylène Philibert sait que ses chances d'entrer dans la fonction publique territoriale se sont amenuisées depuis qu'elle a rejoint la fronde des "reçus-collés". Il est certain que leur tapage médiatique grandissant est bien loin du devoir de réserve auquel tout fonctionnaire est tenu. Mais lorsqu'on se retrouve au RMI, un DUT de bibliothécaire documentaliste en poche, et après avoir réussi le concours d'assistant de conservation, il y a de quoi ne pas décolérer ! La galère de cette Romanaise a débuté en novembre 2003, juste après sa réussite au concours, à la fin d'un contrat avec le comité de développement du Sud-Grésivaudan, à Saint-Marcellin (Isère). « Il y a une publicité sur les postes disponibles sur concours. C'est une obligation légale. Mais les collectivités locales préfèrent souvent recruter en interne, ou faire appel à descontractuels ».
Et c'est là que cela se gâte. De lettres de motivation en entretiens d'embauche, Mylène voit les portes se fermer devant elle. Et la date fatidique de novembre 2006, qui verra son concours frappé de nullité, se rapprocher. Un jour d'octobre, elle se connecte sur un forum de discussion. « Je pensais qu'on serait moins de dix dans ce cas ! »
Les
messages affluent de la France entière, suffisamment
nombreux pour former un collectif de près de 280 personnes !
Soixante-dix-sept d'entre elles, dont Mylène, écrivent
le 6 mars une lettre à Brice Hortefeux, ministre délégué
aux Collectivités territoriales. a Dans cette missive,
l'Association des Reçus-Collés de la fonction publique
territoriale réclame « la validité à durée
indéterminée du concours ». Elle demande
également que la formation soit effectuée avant et non
après le recrutement. « Lorsqu'ils prennent leur
poste, les fonctionnaires doivent suivre des mois de formation, ce
qui peut expliquer la réticence des collectivités
locales à embaucher », explique Mylène. Autre
point d'achoppement, la liste d'aptitude sur laquelle sont inscrits
les reçus au concours sans emploi. Les "reçus-collés"
exigent que les collectivités soient tenues de puiser
obligatoirement dans ladite liste. Mais Mylène dénonce
aussi d'autres dysfonctionnements ; « Il arrive que des
contractuels changent de catégorie sans concours. Il y a
du copinage,, mais également des gens déjà en
place non titularisés malgré leur réussite
au concours. Bref une certaine
inadéquation des compétences par rapport au poste
occupé. « C'est ce qui contribue à
dégrader l'image des fonctionnaires » ,
affirme-t-elle. Les "reçus-collé" devraient
être reçus par un collaborateur de M. Hortefeux le
11 avril
Emmanuel SAINT-BONNET
14 avril 2006
Annonces étonnantes
Pour illustrer la note précédente, on voit ainsi fleurir très régulièrement des annonces de ce type, qui sont absolument authentiques et ont été relevée dans la Gazette des Communes :
POSTE
:
1 Agent du Patrimoine (H/F)
pour les musées de Saint-Omer
Régisseur suppléant, agent d'accueil
Cadre
d'emplois des Agents Territoriaux du Patrimoine de la Fonction
Publique Territoriale,
Filière culturelle, catégorie
C
Poste à pourvoir immédiatement
Missions
Vous assurerez la responsabilité de l'accueil des visiteurs de toutes nationalités au sein des musées de Saint-Omer, en collaboration avec le Régisseur Principal.
Activités
- Etre capable d'évaluer les attentes du visiteur et de le renseigner sur la grille tarifaire, les collections, les activités culturelles et le fonctionnement du musée.
- Veiller aux conditions d'accueil du public et exercer une surveillance discrète des visiteurs.
- Participer à l'animation de l'établissement culturel.
Missions spécifiques
- Régisseur suppléant.
- Gestion du standard téléphonique.
- Participation à la diffusion et à la promotion du musée.
- Gestion des réservations scolaires en liaison avec l'Office de Tourisme de Pôle.
- Recrutement statutaire ou contractuel.
PROFIL
- Minimum Bac + 3 !!!
- Pratique courante d'une ou plusieurs langues étrangères (anglais obligatoire et/ou néerlandais) !!!
- Sens de la communication.
- Disponibilité nécessaire le week-end,
- Etre capable de s'intégrer à une équipe,
- Intérêt à la culture, à l'histoire de l'art et tout particulièrement aux musées.
- Une expérience en musée serait appréciée.
Bien entendu, si on a vraiment
mauvais esprit, on peut suggérer d'ajouter à la liste des fonctions du
futur recruté de faire un peu de ménage s'il lui reste du temps.
La
collectivité, qui offre de si passionnantes perspectives de carrière à
son personnel, mérite vraiment qu'on lui rende hommage :
Saint-Omer
16
595 habitants
Chef-lieu d'Arrondissement
Dans le même ordre d'idée, voici une autre offre d'emploi :
Filière
CULTURELLE
Grade AGENT DU PATRIMOINE OU AGENT QUAL. DU
PATRIMOINE (c'est à dire catégorie C)
Nature de l'emploi : Emploi
titulaire
Prise de fonction : Avril 2006
Fonction :
- Accueillir le public (conseils, inscriptions, prêts et retours, etc).
- Gérer les documents (acquisition, traitement, rayonnage, inventaire, etc).
- Assurer les animations (préparation, installation, gestion).
Conditions :
- Licence ou DUT Métiers du Livre souhaité (option musique) ou expérience confirmée.
- Maîtrise de l'outil informatique.
- Sens du travail en équipe et du service public.
- Adaptabilité, méticulosité.
- Qualité relationnelles.
Là encore, on ne peut que féliciter une collectivité qui a un sens aussi pertinent de la gestion de son personnel (et de ses deniers):
MAIRIE DE SEYNOD
B.P.
25
74601 SEYNOD CEDEX
13 avril 2006
Dévalorisation des emplois et surqualification des candidats
Le chômage et la précarité aidant, on voit arriver sur le marché pléthore de candidats largement surdiplômés par rapport aux postes auxquels ils postulent...et aux concours qu'ils réussissent. Inévitablement, certaines collectivités ont compris tout le bénéfice qu'elles pouvaient en tirer et se paient du personnel de catégorie A pour le prix de B, et des catégories B pour le prix de C.
Pour mémoire, rappelons les informations suivantes, relévées sur le site du CNFPT :
La catégorie A correspond aux fonctions de conception et de direction. Le recrutement se situe au niveau de la licence à l’exception de certains cadres d’emplois qui exigent des diplômes supérieurs. Les agents de la catégorie A ont vocation à être des cadres.
La catégorie B correspond à des fonctions d’application. Le recrutement se situe au niveau du baccalauréat à bac +2. Les fonctionnaires de catégorie B peuvent encadrer des équipes, des ateliers, des services. Ils constituent un encadrement intermédiaire.
La catégorie C correspond aux fonctions d’exécution, nécessitant pour certains métiers, des qualifications professionnelles spécialisées de type BEP/ CAP.
Dans les
faits :
- les concours de catégorie C sont pourvus par des candicats de niveau bac minimum,
- les concours de catégorie B sont réussis par des candicats de niveau Bac + 5 minimum,
- et
les concours de catégorie
A
sont majoritairement réussis par des candidats issus de
grandes écoles !
12 avril 2006
Rendez-vous au ministère
<p><p><p><p><p><p><p>Réunion 11-04</p></p></p></p></p></p></p>
Compte
rendu de la réunion du 11 avril 2006
Rendez-vous avec
Monsieur Alloncle, Conseiller technique,
Cabinet du Ministre
Délégué aux Collectivités Territoriales
4
Participants :
Filière Concours
Culturelle
Assistant qualifié de conservation
Administrative
Adjointe administrative
Culturelle Assistant de conservation
Administrative
Attaché
L’entretien
M.
Alloncle s’est montré fort aimable et très
attentif à chacun de nos propos durant l’heure et demie qu’il nous a
consacrée. Certains diront que c’est son boulot mais c’est déjà ça.
Après une brève présentation de chacun des participants aux
profils variés, nous sommes très vite entrés dans le vif du sujet.
M.Alloncle a tout de suite voulu relativiser l’ampleur du
problème tout en admettant que certains lauréats du concours s’étaient
déjà manifestés,
individuellement, par le passé.
Son raisonnement était le suivant : nos services ne peuvent savoir quel est le pourcentage de « vrais » reçus-collés et le CNFPT soutient que la quantité est négligeable, donc nous n’avons pas à intervenir.
Nous
avons tout de suite fait remarquer que l’absence de chiffres
était un des principaux problèmes et que si effectivement les listes d’aptitudes se vidaient au fils des
années, il ne fallait pas être trop surpris. Après un ou deux ans de recherche active avec peu ou pas d’entretien,
les lauréats pouvaient être totalement dégoutés et passer à autre chose (concours de la fonction publique
d’Etat ou encore boulot dans le privé) sans pour autant être satisfaits de cette situation.
En
bref, l’absence de suivis des lauréats et l’isolement de chacun d’eux ne permet pas de faire remonter les
informations et de prendre conscience de l’ampleur du phénomène.
Nous
l’avons donc « rassuré » en lui promettant que la constitution de notre groupe allait faire évoluer
les choses,
Furent
ensuite abordés nos principaux arguments : le
manque de transparence
- dans les chiffres,
- mais aussi et surtout dans les recrutements,
- le contrôle de légalité qui est quasiment inexistant.
La
réponse (attendue) fut rapide : le principe de libre administration des collectivités territoriales est un principe
constitutionnel… on ne peut les forcer à recruter un candidat…
Nous
acquiesçâmes en ajoutant simplement que le libre choix du candidat devait se faire dans des limites clairement posées
par la loi, c'est-à-dire au sein des listes d’aptitude.
Le recours aux contractuels (contre qui nous n’avons bien évidemment aucune animosité : s’ils sont
recrutés pourquoi se priveraient-ils de postuler ?) ne doit être qu’une « variable d’ajustement »
pour des besoins ponctuels ou des postes où il y a une carence de lauréats (mais cela existe-t-il ?)
Dès
lors le nombre de précaires- mot qui n’est que très moyennement apprécié dans les ministères ces
derniers temps - au sein de la FPT prouve bien un dysfonctionnement du système tout comme les annonces du type :
« recrutement par voie statutaire et à défaut contractuel » qui ne devraient même pas exister.
Le
débat a alors tourné autour de la difficulté de recruter, sur la
difficulté de contrôler les recrutements, sur les problèmes de la
formation universitaire qui n’est pas adaptée au marché du travail, sur
l’immobilisme des français… Nous avons même
pu entendre parler des socio-gauchistes (sa langue a fourché il
s’agissait bien de crypto-gauchistes) qui manifestent dans les
rues.
Il y avait donc une réelle sincérité des échanges mais
chacun d’entre nous est resté en retrait par rapport à ces vastes
sujets, très intéressants, mais qui ne faisaient pas avancer nos
légitimes revendications.
Et
nous revînmes donc toujours à nos moutons.
Les propositions du ministère
En
première lecture, la loi réformant la FPT prévoit :
- une obligation de principe pour le lauréat de rester en poste 3 ans au sein de la collectivité qui a assuré sa formation, (avant ce délai : la collectivité qui le débauche doit rembourser la formation à la collectivité formatrice)
- une formation initiale réduite de moitié ou du tiers avant la titularisation afin que celle-ci ne preprésente plus un tel obstacle pour la première embauche,
On
pourra gloser longuement sur ces 2 mesures mais une chose est
certaine, c’est que les arguments opposées aux lauréats
par les DRH sur leur réelle volonté de s’installer
loin de leur région d’origine ou sur les problèmes
de la durée de formation ne pourront plus servir pour écarter
un candidat.
A
part ça M. Alloncle ne voyait pas comment il pouvait
intervenir et se demandait bien ce que nous attendions de lui.
Nos
propositions
Elles
furent beaucoup plus nombreuses même si nous sommes restés
modestes:
- un
contrôle de légalité effectif
réponse : il est impossible d’engager de nouveaux fonctionnaires pour cela ou de mettre un flic derrière chaque DRH - une
publication ou du moins un affichage des recrutements dans toutes
les collectivités (comme pour les permis de construire ou les
marchés publics)
réponse : a priori c’est jouable mais il faut voir si c’est légalement possible. - un
« recensement » annuel, dans chaque
collectivité, du pourcentage de contractuels et de
statutaires par filière et par cadre
réponse : a priori c’est jouable mais il faut voir si c’est légalement possible. - un
accès à nos notes au concours dès l’inscription
sur la liste car comment se « vendre » (dixit
notre interlocuteur) sans pouvoir avoir accès à des
informations qui peuvent peser lourd pour des étudiants
n’ayant pas d’expérience professionnelle à
mettre en avant
réponse : a priori c’est jouable mais il faut voir si c’est légalement possible. Pour info : ça semble plus que possible) - suspendre
les concours ou réduire le nombre de postes à pourvoir
jusqu’à apurement des listes d’aptitude
réponse : ouh, là, là ça va pas plaire en France où on tient au principe du concours… On a fait valoir que tous les concours ne sont pas annuels sans pour autant obtenir d’ouverture. - rappeler
au CDG et aux préfectures leur rôle
réponse : c’est déjà fait mais il va redemander que toutes les vacances de postes soient accessibles (on lui a dit qu’il y avait du boulot).
Comme vous pouvez le voir : peu d’engagement mais il n’est pas un décideur, c’est un conseiller donc il botte souvent en touche. C’est à nous de continuer voire d’accentuer notre pression pour que ces ouvertures se concrétisent. Rappelons que le « légalement possible » est un obstacle peu important si la volonté politique existe : les lois peuvent être modifiées.
Conclusion
Ce
premier RDV était une prise de contact qui dans son ensemble a
été profitable : nous avons démontré
que nous n’étions pas des doux rêveurs ou des
incompétents, que nos profils étaient variés,
que notre action s’inscrivait dans la durée, que nous
n’étions qu’au commencement des actions
envisagées, que nos arguments étaient bétons sur
le plan de l’équité et de la légalité. Mais ça ils doivent le savoir sinon pourquoi nous recevoir,
et qu’on ne lâcherait rien dans un contexte politique et
social porteur pour nous. Il
reste que malgré la longueur de l’entretien nous n’avons
pas pu aborder tous les problèmes, loin de là. Nous reprendrons donc rendez-vous plus tard.
09 avril 2006
Réponse du ministère
Ministère de l'Intérieur et de l'Aménagement du Territoire
Le Ministre Délégué aux Collectivités Territoriales
N. Réf. : CAB/SR/MR
Paris, le 21 mars 2006
Mesdames, Messieurs,
Vous avez appelé mon attention sur la situation des candidats ayant réussi à un concours de la fonction publique territoriale mais ne parvenant pas à trouver un emploi au sein d'une collectivité territoriale.
J'ai
réservé un examen attentif aux préoccupations
que vous exprimez
dans votre correspondance.
J'ai demandé à M. Philippe ALLONCLE, conseiller technique en charge de la fonction publique territoriale de vous recevoir. Afin de convenir de la date de cet entretien, je vous invite à vous rapprocher de son secrétariat (tel. : 01.49...................)
Je vous prie d'agréer, Mesdames, Messieurs, l'expression de mes sentiments les meilleurs.
(manuscrit :) Bien à vous
(manuscrit
:) Brice HORTEFEUX
Suite à ce courrier, nous avons obtenu un rendez-vous le 11 avril.
Nous vous tiendrons informés, bien évidemment.
22 mars 2006
Lettre des reçus-collés
Voici
la lettre que les "reçus-collés" ont envoyée à quelques
ministères,journaux, associations professionnelles et syndicats dont la
liste se trouve en fin de page.
Le 06 mars 2006
A l’attention de Monsieur Brice HORTEFEUX,
Ministre délégué aux Collectivités Territoriales
Objet : Les Reçus-Collés de la Fonction Publique Territoriale
Monsieur le Ministre,
Suite à la présentation de votre projet de loi du 11 janvier dernier
concernant la réforme de la Fonction Publique Territoriale, nous
jugeons utile d’attirer votre attention sur les conséquences de
l’organisation des concours, et plus particulièrement sur la situation
scandaleuse des lauréats communément désignés sous l’appellation «
reçus-collés ». Il s’agit de candidats ayant obtenu un concours, mais
ne parvenant pas à trouver de poste en raison de la complexité
inhérente au mode de recrutement territorial. Ces lauréats, inscrits
sur une liste d’aptitude pour une durée maximale de trois ans, perdent
à l’issue de ce laps de temps, le bénéfice d’un concours de haut niveau
qui a nécessité plusieurs mois, voire plusieurs années de préparation
intensive .
Nous figurons tous sur la liste d’aptitude, ce qui
signifie qu’un jury ad hoc a reconnu nos capacités intellectuelles et
professionnelles à exercer un métier au sein de la Fonction
Publique.Territoriale. Au lieu de cela, certains d’entre nous demeurent
sans ressources, et se voient dans l’obligation d’être assistés (RMI ou
Assedic). D’autres travaillent déjà au sein de la FPT avec des contrats
de courte durée, sur des postes correspondant à leur concours, sans que
cela leur donne une quelconque possibilité d’être titularisés.
Comment un pays dont le gouvernement affiche comme priorité la résorption du chômage, peut-il ainsi mépriser ses impétrants ?
Afin de confronter nos points de vue, ainsi que nos expériences, et
dans le but d’obtenir les postes pour lesquels nous avons passé ces
concours, certains d’entre nous, toutes filières confondues, ont créé
une association, une liste de diffusion (recus-colles@yahoogroupes.fr
) et un site internet (http://recuscolles.canalblog.com/).
Force est
de constater l’unanimité face aux problèmes rencontrés, aux espoirs
déçus, et aux revendications avancées par les uns et les autres au
cours de ces dernières semaines.
Dans l’espoir que les procédures de
recrutement actuelles que nous jugeons iniques et incohérentes,
évoluent en notre faveur, nous avons décidé de faire appel à votre
expertise et à votre connissance de la Fonction Publique pour vous
soumettre les points qu’il nous semble urgent de réformer.
1) En premier lieu, le système d’inscription sur une liste d’aptitude valable seulement trois années, soulève un mécontentement général chez les lauréats. Afin de pouvoir concilier nos choix professionnels, notre vie de famille et notre recrutement, nous revendiquons la validité à durée indéterminée du concours obtenu. Pour la majorité d’entre nous, l’envoi massif de courriers en réponse aux diverses offres d’emploi publiées, aboutit rarement à un entretien d’embauche. (A ce propos, nous vous laissons imaginer ce que supposent financièrement les différents déplacements effectués durant l’année dans toute la France ; malgré l’aide ponctuelle de l’ANPE, certains ne peuvent plus les assumer).
2) Le principe de la formation post-recrutement, pose un réel problème. En effet, les responsables, à la fois des collectivités territoriales, mais également des établissements recruteurs, manifestent clairement leurs réticences quant à l’embauche d’un candidat qui va devoir s’absenter plusieurs mois durant la première année. .Nous demandons donc que la formation soit effectuée, non pas après le recrutement, mais avant c’est à dire dès l’inscription sur la liste d’aptitude.
3) Par ailleurs, il est inadmissible que les collectivités territoriales qui publient des offres d’emploi à durée indéterminée, proposent en définitive aux lauréats le jour de l’entretien, un contrat à durée déterminée «éventuellement» renouvelable. Lorsque le besoin de recruter est avéré, les collectivités devraient être tenues de puiser obligatoirement au sein de la liste d’aptitude, et non de recourir comme elles le font actuellement de façon abusive, à la solution contractuelle. Un intéressement financier, ou à l’inverse, des sanctions, sauraient peut-être les inciter à modifier leur politique d’embauche ?
4) Le rôle du CNFPT nécessite de toute évidence, une réévaluation.
L’information
concernant la réalité des chances de recrutement, apparaît notamment
trop limitée. Malgré diverses tentatives, nous n’avons jamais pu
obtenir les chiffres réels concernant le taux des reçus-collés des
différentes filières, mais seulement des estimations. Ces chiffres
seraient-ils inavouables ?
D’autre part, aucune communication ne semble établie entre le CNFPT et les élus . Certains maires ignorent par exemple, l’existence de la formation obligatoire post-recrutement .
5) Si nos propositions devaient permettre à une réforme du
recrutement dans la fonction publique territoriale de voir le jour,
nous souhaitons que les lauréats actuels puissent bénéficier des
nouveaux statuts.
Afin de pouvoir vous exposer plus en détails nos idées,
nous vous saurions gré d’accepter de nous recevoir.
Dans l’attente d’une réponse, veuillez croire, Monsieur le Ministre, à l’expression de notre très haute considération.
77 SIGNATURES
Copie à :
Monsieur le Premier Ministre, Dominique de Villepin
Monsieur Le Ministre d’Etat, Ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire, Nicolas Sarkozy
Monsieur Christian Jacob, Ministre de la Fonction Publique
Monsieur Renaud Donnedieu de Vabres, Ministre de la Culture
Monsieur Jean-Louis Borloo, Ministre de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement
Monsieur Jean-Paul Delevoye, Médiateur de la République
Madame Jacqueline Gourault, Sénateur du Loir-et-Cher
Conseil supérieur de la FPT
CNFPT
ABF
AMF
ADBS
Association des fonctionnaires Etat et Territoriale
Le Monde
Le Figaro
Libération
Le Canard enchaîné
L’Humanité
Marianne
Le nouvel observateur
La Gazette des Communes
La lettre du cadre
Syndicats
11 mars 2006
BILLET D’HUMEUR
Le statut à la casse
1952 : création du statut des agents communaux. Enfin une harmonisation pour l’ensemble des agents qui travaillent dans les communes et des grilles indiciaires calquées sur les fonctionnaires de l’ETAT ;
Mais que de chemin reste encore à faire ??
1968 : Création de l’Association Nationale des Etudes Municipales, ancêtre du Centre de Formation des Personnels Communaux, créé en 1972 (CFPC).
C’est cet organisme qui a permis d’uniformiser les concours, le recrutement et qui a fait un travail considérable sur le statut.
1982 : loi de décentralisation, suivie par la loi du 13/07/1985 sur les droits et obligations des fonctionnaires.
1984 : lois sur le statut des fonctionnaires de l’Etat, puis sur la fonction publique territoriale modifiée plus de 50 fois à ce jour, et de ce fait, n’ayant plus aucune cohérence.
De nombreuse propositions ont été élaborées pour tenter de revenir à des textes clairs, simples, garantissant la continuité du service public de proximité et une protection pour les salariés exerçant leurs fonctions dans les collectivités territoriales.
Sont venus ensuite les premières fissures avec la création des TUCS, des CES, des CEC, des Emplois Jeunes…..Puis PACTE, Contrats d’avenir…….
Et aujourd’hui, pendant l’été 2005, en catimini une loi sur « la transposition des directives européennes »qui vient officialiser les contrats à durée indéterminée…(contre l’avis unanime des membres du CSFPT) .
L’esprit de la loi de 1984 était le recrutement possible d’agents contractuels pour une durée de 3 ans renouvelable 1 fois (3+3=6= durée d’un mandat municipal). Aujourd’hui, on garantit un contrat à durée indéterminé, demain on va offrir une grille indiciaire à ces personnes. Cela, par analogie avec les conventions collectives, et nous ne sommes plus dans l’esprit législatif et réglementaire.
Qu’en est-il alors du recrutement des fonctionnaires par concours organisés par le CNFPT ou les Centres de Gestion (au fait, qui fait quoi dans les concours ??).
L’organisations de ces concours a un coût très élevé pour les collectivités et les contribuables que nous sommes tous.
Un courrier récent du Médiateur de la République à un candidat « reçu-collé » précise qu’il n’y a que 3% de personnes qui ne trouvent pas un poste suite à un concours de la FPT (en précisant que ceci est par refus de mobilité).
Or une enquête du CNFPT montre que les reçus au concours d’attaché territorial mettent, en moyenne 18 mois pour trouver un poste ( il s’agit d’une moyenne, et de nombreux lauréats sont nommés rapidement dans leur collectivité).
Dans les déclarations de vacances d’emplois auprès des Centres de Gestion, on peut constater que plusieurs collectivités déclarent des postes identiques. Des candidats postulent et on leur signale qu’il s’agit d’un poste créé par un syndicat intercommunal ; toutes les statistiques sont donc faussées.
Dans la lettre du cadre du 15/07/2005 (p7), un élu constate qu’il n’ y a que 30% de recrutements statutaires par concours dans la FPT.
Qui a raison ?
Le Médiateur de la République, ancien Ministre de la Fonction Publique , ancien Maire, ancien Sénateur ou l’auteur de cet article ???
Les lecteurs de « la lettre du cadre » ont le choix…et connaissent la réalité du terrain.
Une réforme s’impose pour assurer la continuité du service public en garantissant aux lauréats de concours d’être prioritaires dans les recrutements. Les élus sont les représentants de la loi, ils doivent la respecter.
Les directives européennes ont le dos large…
Yves VAN OOST
Conseil Général du Nord
10 mars 2006
Le paradoxe du concours
J'ai passé l'année dernière le concours externe d'adjoint administratif territorial et depuis, je suis soigneusement rangé par ordre alphabétique sur une liste d'aptitude...
L'existence de la liste de diffusion consacrée aux reçus-collés m'a aussitôt interpellé, ne pouvant que me sentir concerné par une telle initiative, puisque, comme la plupart de ceux qui y participent, ma recherche d'emploi post-concours n'a pas encore abouti - ce qui d'ailleurs eût été un miracle avec un seul et unique entretien à mon palmarès - et ce malgré ma régularité dans mes tentatives de candidature. Même si, en ce qui me concerne, je ne sais pas vraiment si je dois déjà m'inquiéter de l'actuelle inefficacité de ma quête, le doute m'assaille cependant au fur et à mesure des réponses négatives...
Sachant bien sûr à l'avance que mon succès au concours ne m'assurerait pas un poste d'office, et qu'il me faudrait d'abord exploiter assidûment le diptyque "sélection de l'offre / lettre de motivation", moyen des plus classiques pour parvenir à ses fins, il n'empêche que j'en suis arrivé tout naturellement à une phase de remise en cause, non pas tant dans ma façon de procéder au niveau de ma recherche, même si on peut toujours se perfectionner en la matière, que dans l'utilité même de figurer sur une liste d'aptitude.
Car on est en droit de se demander s'il n'y a pas là en même temps un paradoxe : l'obtention d'un concours nous est toujours présentée comme étant l'incontournable modalité sans laquelle il ne nous est pas permis de rentrer dans la place ; c'est le passe-droit, le sésame qui devrait nous ouvrir cette porte, à condition bien évidemment de se donner la peine de démarcher auprès des collectivités... Et c'est là justement où nous sommes en droit de nous interroger quant à la véritable valeur d'une telle clef si chèrement acquise, lorsque nous nous retrouvons ainsi à stagner au seuil de cette porte blindée, malgré notre insistance motivée, et notre légitime volonté, forts de nos qualités prouvées par notre aptitude reconnue sur le papier.
Alors en constatant qu'avoir décroché ce concours pourtant indispensable puis joué le jeu de l'offre et de la demande ne semblent pas suffire, le doute ne peut que s'installer, jusqu'à conduire à ce troublant questionnement : et si tout compte fait, c'était carrément mon statut de lauréat qui faisait obstacle à mon intégration ?...
Or, et bien que certains faits évoqués sur ce blog et ailleurs ajoutés à l'attente stérile (et frustrante) d'un nombre tout de même important de lauréats vont dans le sens de cette paradoxale interrogation, je n'ose croire qu'il en soit ainsi. Sinon, pourquoi continuer à faire passer des concours s'ils ne répondent pas à un besoin concret ? Juste parce que c'est dans la tradition ?...
Si le concours a été institué un jour en notre beau pays, c'était pour permettre aux personnes de toutes conditions d'avoir accès à la Fonction Publique par le mérite, et non pas seulement par la voie filiale ni à cause de la seule appartenance à une caste de privilégiés. C'est d'ailleurs dans la continuité de ce noble principe que j'ai pu décrocher mon concours : apprenant qu'une formation spécifique serait mise en place dans la perspective de la préparation aux différentes épreuves, j'ai sauté sur l'occasion, sachant pertinemment, pour avoir déjà tenté d'autres concours, que la réussite dans pareil exercice nécessitait un travail préalable suffisamment fourni. Or cette formation, puisqu'elle s'adressait avant tout à une "population" touchée par la précarité, s'inscrit bien dans ce bon principe d'égalité des chances et de promotion par le mérite.
Aussi il serait judicieux de se maintenir dans ce bon principe jusqu'au stade du recrutement, notamment en prenant en compte de manière favorable ce qui peut être perçu comme des critères défavorables dans la sélection des postulants. Par exemple : passer avec succès les épreuves d'un concours aux alentours des 40 balais me semble un signe de "bonne santé", non ?... Ou si l'on vient d'un milieu complètement différent, voilà bien la preuve que l'on est en mesure de savoir rebondir et de s'adapter. (Anecdote : une conseillère ANPE m'avait insinué un jour que j'étais trop vieux pour espérer devancer les p'tits jeunes tout frais émoulus ; aussi que vouloir concurrencer les "bêtes à concours", surtout pour un ex-ouvrier de mon acabit, relevait de la chimère).
Un recruteur devrait être réceptif à ce type de paramètres - qui supposent entre autres un certain savoir-faire et de la détermination - et pas en rester uniquement aux lois coutumières du genre, qui voudraient que seuls ceux qui sont déjà dans la place ou qui ont exercés un job similaire sont aptes à reprendre le flambeau du poste resté vacant. Attitude quelque peu frileuse, et incompatible avec la notion positive de régénérescence des Ressources Humaines.
Ainsi l'on exige souvent de nous une expérience qu'il ne nous est possible d'acquérir qu'en évoluant dans le domaine pour lequel nous nous portons candidat, et que nous avons choisi en connaissance de cause... Hé bien justement, laissez-nous rentrer, que l'on puisse enfin montrer de quoi nous sommes capables...
25 février 2006
Historique
Le phénomène des reçus-collés n'est pas nouveau. Il est même évoqué
assez régulièrement, puis bien vite remisé aux oubliettes sans
qu'aucune solution soit proposée.
Ainsi, la Gazette des Communes du 24 mai 2004 publiait un article intitulé : Reçus-collés, mythes et réalité qui avait au moins le mérite de poser le problème et de signaler l'absence de chiffres vérifiables sur le sujet.
Les autorités (CNFPT, CIG) font preuve d'une belle unanimité dans la langue de bois, voir le plus parfait cynisme. Non, les reçus-collés ne sont pas un problème qui mérite qu'on s'y arrête. Exemple : le directeur du CIG de la grande couronne, Jean-Laurent Nguyen Khac, avait eu le culot d'affirmer : «l'absence de mouvement de défense spécifique montre bien que la question concerne finalement peu de personnes». Sans commentaire ! Cher monsieur, c'est à présent chose faite, peut-être allez-vous réviser votre jugement. Pour résumer l'avis des organisateurs de concours : les reçus-collés sont des lauréats qui refusent la mobilité géographique, trouvent du travail ailleurs, etc. Bref, c'est leur entière responsabilité, z'avaient qu'à, z'avaient qu'à pas, c'est selon...
L'avis des syndicats est différent.Précisons que nous ne sommes affiliés à aucun et que nous sommes totalement apolitiques.
Exemple : la FSU, dans un dossier consacré à la décentralisation, va jusqu'à parler de pseudo-concours :
La publicité des postes vacants est obligatoire, à peine de nullité de la procédure. En réalité, il s’agit de pseudo-concours. Les lauréats sont en effet classés par ordre alphabétique sur une liste d’aptitude. Le “concours ” ne confère donc aucun droit à être recruté. Il permet simplement de postuler sur des emplois vacants : il existe donc des “reçus collés ”.
Ce syndicat ajoute tout de même une information qui a son importance :
Sauf cas particulier, c’est l’autorité locale qui recrute (initialement c’était le CNFPT qui faisait des propositions, la collectivité ne pouvant refuser que deux fois, mais ce système a été supprimé en 1987 et jamais rétabli depuis, à la satisfaction des élus de tous bords…)
Dans l'article de la Gazette déja cité un représentant syndical Antoine Breining, (président FA-Unsa-FPT) déclare :
«Trop de collectivités réservent les postes déclarés vacants à leurs propres agents, même en cas d'échec aux concours. Ce comportement contredit l'article 41 de la loi du 26 janvier 1984, lequel précise qu'un poste non occupé par un fonctionnaire quatre mois après la déclaration de vacance doit l'être par un candidat inscrit sur liste d'aptitude.
Pour
confirmer ce détournement des lois existantes, je ne résiste pas à l'envie de vous raconter une scène de la vie territoriale. J'ai eu le
bonheur (?!) de travailler au sein d'une structure intercommunale de type SIVU (syndicat intercommunal à vocation unique) où l'on m'a bien fait comprendre que moi, j'étais en CDD et que je n'étais là que pour la durée prévue, pour faire le travail d'un contractuel payé 3 à 4 fois mon salaire et que je n'avais rien d'autre à espérer.
De temps à autre, M. la secrétaire-standardiste était prise d'une frénésie de mailing et tamponnait comme une furieuse des piles de courrier impressionnantes. Intriguée, je lui avais demandé ce qui justifiait ce surcroît d'activité. Elle m'avait répondu avec un
sourire mi-gêné mi-amusé :
"- J'envoie une proposition de poste aux lauréats de la liste d'aptitude, pour le poste de R.
- Ah bon, il quitte son poste, R?
-
Non non, son contrat vient d'expirer et il va être renouvelé. Mais c'est une obligation légale, pour faire comme si c'était un vrai
recrutement."
Après un temps, elle se mit à soupirer :
"- Tout de même, ils restent longtemps sur la liste d'aptitude, tous ces candidats!"
Cette personne ne faisait évidemment que le travail qu'on lui demandait de
faire, avec d'autant plus de compassion qu'elle-même, fonctionnaire titulaire depuis de nombreuses années, n'en avait jamais passé aucun, de concours !
Cette scène m'avait laissé un profond sentiment de révolte. J'ai compris pourquoi j'avais quelquefois reçu des propositions de poste - très peu nombreuses - auxquelles je répondais à chaque fois. Et à chaque fois, j'avais au mieux une réponse négative, et le plus souvent aucune réponse...
17 février 2006
Il y a trois ans
Je l'ai passé il y a presque 3 ans, ce fameux concours de la FPT, un peu par hasard, un peu pour voir. Un peu en me disant : après tout pourquoi pas? Le marché de l'emploi étant ce qu'il est : une horreur absolue où, quel que soir le type de poste, il faut avoir moins de 35 ans, bac+ 5 et 10 ans d'expérience, conditions un peu difficiles à réunir en même temps, vous en conviendrez. Et beaucoup aussi par goût des livres, de la culture et du service public.
3 ans, durée fatidique : au-delà de cette limite, votre concours n'est plus valable.
Merci
d'être venu(e), d'avoir joué le jeu mais nous (les collectivités), on
ne joue plus. Allez vous rhabiller. Retournez donc pointer au chômage,
trouvez un autre emploi précaire, c'est un secteur en plein essor. Et
puis, le RMI, vous avez goûté ? Vous m'en direz des nouvelles!
Les
circonstances épiques
dans lesquelles je l'ai passé (comme quelques milliers d'autres),
méritent bien d'être
racontées. C'était donc en mai 2003, en (lointaine) banlieue
parisienne, un jour de grève qu'on avait annoncée comme partielle.
En prévision, j'avais pris la précaution de me lever 2 heures plus tôt et m'était
acheminée sans trop de difficulté vers le RER (Les Halles). Et là,
stupeur, enfer et damnation, on me dit que la grève est TOTALE :
pas un train prévu, moins que rien...toute la journée ! J'appelle le
centre d'examen, pensant que peut-être le concours est annulé...mais
non ! Non seulement il est maintenu, mais mon interlocuteur n'a pas l'air bien au courant de l'ampleur du désastre :
"Une grève ? Ah bon. Le concours ? Mais il est maintenu, d'ailleurs nous avons déjà beaucoup de candidats qui arrivent!"
Dans
ces conditions... Mon sang ne fait qu'un tour et je décide d'y aller
quand même, pour la beauté du geste et pour faire un méga-scandale si
jamais on me refoule parce que je suis en retard !
Mais comment ? En
stop, bien sûr. Et me voila Quai de Gesvre, tendant le pouce. J'ai
beaucoup de chance, j'attends très peu. Mon premier chauffeur,
compréhensif, me laisse à un croisement stratégique. Le deuxième
pousse la générosité jusqu'à allonger sa route de quelques kilomètres
pour me déposer jusqu'au centre d'examen.
Heureusement, l'heure de
début a été décalée, c'est bien la moindre des choses. Pour le retour, les
candidats organisent entre eux des co-voiturages et se coltinent de
monstrueux embouteillages. On s'en fout, c'est le retour, on a le temps.
Deuxième jour, même situation. J'ai changé mon point de départ : Nation, Cours de Vincennes. Mais nous sommes nombreux à avoir la même idée !
Je me suis fabriqué un petit panneau avec une page de cahier pour
indiquer cette destination où, en d'autres circonstances, personne ne
va jamais !
J'ai encore une fois une chance énorme. Un couple me
prend et m'amène juste à ma destination exacte. Je les remercie très
chaleureusement. A présent, j'aime à penser qu'ils m'ont porté chance. En démarrant sous des auspices au bout du compte si favorables, je ne pouvais que le réussir, ce foutu concours.
Et maintenant ? J'en fais quoi ? NOUS en faisons quoi, tous autant que nous sommes ?
