Je l'ai passé il y a presque 3 ans, ce fameux concours de la FPT, un peu par hasard, un peu pour voir. Un peu en me disant : après tout pourquoi pas? Le marché de l'emploi étant ce qu'il est : une horreur absolue où, quel que soir le type de poste, il faut avoir moins de 35 ans, bac+ 5 et 10 ans d'expérience, conditions un peu difficiles à réunir en même temps, vous en conviendrez. Et beaucoup aussi par goût des livres, de la culture et du service public.

3 ans, durée fatidique : au-delà de cette limite, votre concours n'est plus valable.
Merci d'être venu(e), d'avoir joué le jeu mais nous (les collectivités), on ne joue plus. Allez vous rhabiller. Retournez donc pointer au chômage, trouvez un autre emploi précaire, c'est un secteur en plein essor. Et puis, le RMI, vous avez goûté ? Vous m'en direz des nouvelles!


Les circonstances
épiques dans lesquelles je l'ai passé (comme quelques milliers d'autres), méritent bien d'être racontées. C'était donc en mai 2003, en (lointaine) banlieue parisienne, un jour de grève qu'on avait annoncée comme partielle. En prévision, j'avais pris la précaution de me lever 2 heures plus tôt et m'était acheminée sans trop de difficulté vers le RER (Les Halles). Et là, stupeur, enfer et damnation, on me dit que la grève est TOTALE : pas un train prévu, moins que rien...toute la journée ! J'appelle le centre d'examen, pensant que peut-être le concours est annulé...mais non ! Non seulement il est maintenu, mais mon interlocuteur n'a pas l'air bien au courant de l'ampleur du désastre :
"Une grève ? Ah bon. Le concours ? Mais il est maintenu, d'ailleurs nous avons déjà beaucoup de candidats qui arrivent!"
Dans ces conditions... Mon sang ne fait qu'un tour et je décide d'y aller quand même, pour la beauté du geste et pour faire un méga-scandale si jamais on me refoule parce que je suis en retard !
Mais comment ? En stop, bien sûr. Et me voila Quai de Gesvre, tendant le pouce. J'ai beaucoup de chance, j'attends très peu. Mon premier chauffeur, compréhensif, me laisse à un croisement stratégique. Le deuxième pousse la générosité jusqu'à allonger sa route de quelques kilomètres pour me déposer jusqu'au centre d'examen.
Heureusement, l'heure de début a été décalée, c'est bien la moindre des choses. Pour le retour, les candidats organisent entre eux des co-voiturages et se coltinent de monstrueux embouteillages. On s'en fout, c'est le retour, on a le temps.
Deuxième jour, même situation. J'ai changé mon point de départ : Nation, Cours de Vincennes.
Mais nous sommes nombreux à avoir la même idée ! Je me suis fabriqué un petit panneau avec une page de cahier pour indiquer cette destination où, en d'autres circonstances, personne ne va jamais !
J'ai encore une fois une chance énorme. Un couple me prend et m'amène juste à ma destination exacte. Je les remercie très chaleureusement. A présent, j'aime à penser qu'ils m'ont porté chance. En démarrant sous des auspices au bout du compte si favorables, je ne pouvais que le réussir, ce foutu concours.

Et maintenant ? J'en fais quoi ? NOUS en faisons quoi, tous autant que nous sommes ?